
" Deux années. Je ne les ai pas
vues passer. Non, je n’ai rien oublié. Si, j’y suis
déjà retournée. A raison de deux/trois fois par an. Oui, je me
plais à Paris. La belle Paris. Je suis fière d’y habiter,
fière d’y être arrivée. Heureuse. Tous les jours.
Lorsque je rends visite à ma famille, je me rends compte que
la capitale me manque. Est-ce que ça n’est pas génial ?
Je me sens loin de tout : le Louvre, la Tour Eiffel,
Notre-Dame, Disneyland surtout. J’aime cette mégapole.
Le jour où j’ai foulé le sol parisien, j’étais
comblée. J’avais atteint mon but. Je me rappellerai de ce
joue toute ma vie : j’ai fait à pied le tour de Paris,
comme dans un rêve éveillé. Je me suis émerveillée de tout ce qui
m’entourait. Aujourd’hui encore, je me compare
mentalement à une gamine fascinée par un royaume enchanté. Ce que
j’étais, la première fois que je l’ai visité.
J’avais d’ores et déjà été inscrite à une
université. Et afin de subvenir à mes besoins, j’allais
travailler à Disneyland Resort Paris. Magnifique.
- Tu rêvasses princess ?
Je reconnais cette voix. C’est celle de
l’un de mes collègues Cast-Member, Daniel. Je l’aime
bien. Il a un humour spécial que je ne comprends pas toujours. Un
humour qui me fait penser à Lucas.
- Ton repas va être froid, se désola-t-il en secouant
la tête d’un air contrit.
Je lui décochai un sourire en coin, qu’il me
rendit.
25 ans. Ses cheveux sont châtains. Ses yeux verts. Sa
mâchoire saillante. Il est plutôt beau gosse.
Mais pris. Enfin personnellement, ça ne me dérange pas plus
que ça. Je suis assez volage.
- A quoi tu pensais ? demanda-t-il en
s’asseyant en face de moi.
- A un peu de tout, à un peu de rien, éludai-je en
jouant de la fourchette dans ma purée.
- C’est pas une réponse ça, grogna-t-il en
entamant son repas.
Je laissai échapper un soupir amusé.
- Je pensais surtout à mon arrivée ici.
- C’est un évènement qu’on oublie pas,
affirma Daniel.
- La ferme Dany, fis-je semblant de
m’agacer.
- J’y peux rien si tu as réussi à te faire remarquer
dès ton premier jour, se défendit-il en levant une
main.
Ce jour-là en effet, j’ai eu l’extrême privilège
de me faire voir comme une folle. Je vous raconterai ça une autre
fois... peut-être.
- Mais tu pensais aussi à autre chose.
C’était une affirmation.
- Peut-être.
- C’était quoi ?
s’enquit-il.
- Plein de choses interdites aux moins de 30 ans.
- Cruel.
- Je sais !
Je le regardai manger. Moi-même je n’avais pas
très faim, mais je me forçai à avaler le reste de mon
assiette.
- 12h30. Je te laisse mon grand !
Je me levai et pris mon plateau.
- Je viens d’arriver que tu te casses déjà ?
s’exclama-t-il.
- Eeh oui. A tantôt Dany.
- M’appelle pas comme ça, Cathy !
- C'est mon prénom.
Je mimai un baiser et sortis.
J’ai 20 ans. Du moins je les aurai cet été. Car nous
sommes actuellement en mars. Il fait beau, il fait chaud.
C’est bientôt l’anniversaire de ma mère.
C’est à ce que je pensais. Je vais devoir faire un
tour dans ma région natale pour fêter les 48 printemps de ma maman.
Et par conséquent, prendre un week-end de congé.
Je retrouvai mon petit groupe d’anglais à
l’endroit où je leur avait donné rendez-vous, un peu plus
tôt. Il était 13h.
- Hi again people, entamai-je avec entrain.
Hope that you had good lunch. Let’s go to visit Adventureland
!
Je leur montrai le chemin et les incitai à me
suivre. Nous nous trouvions actuellement en face du bateau du
Capitaine Crochet. C’est mon job : faire visiter le parc
aux guests. "
"
Alleluia, I’m home ! Ô joie… bain moussant, bougies et
musique d’ambiance... (notez que quand je dis musique
d’ambiance, en général c’est très varié : Underdog
Project, Lady Gaga, Trivium, Breaking Benjamins *, Paramore, P.Diddy, Justin Timberlake,
Timbaland, LostProphets *, Utada
Hikaru, Flo-Rida...)
Bref. Pour l’instant, je vois pas plus loin pour mon
programme de soirée.
Je glissai mes clés dans la serrure de notre appartement, à
Sam’ et moi. Je vous parlerai de cette première plus
tard.
J’évoluai avec soulagement dans cet environnement qui
était mien. Moderne et chaleureux : murs peints en brun chocolat,
mobilier blanc cassé et rouge s’harmonisent pour créer cette
ambiance que j’ai toujours recherchée. Tout en avançant, je
caressai de l’index le buffet dans l’entrée.
J’aime mon « chez-moi ». Notre « chez-nous ».
Samantha, c’est ma colocataire. Elle a 25 ans et
étudie dans le domaine du design. Elle dessine magnifiquement bien.
Elle est aussi très sympa et sait ce qu’elle veut. Sa
personnalité est fascinante, dans le sens où elle est mystérieuse
et ne dit jamais rien sur elle. On ne sait jamais ce que Sam’
pense.
Je me dirigeai vers la salle de bain, après avoir posé mes
affaires dans ma chambre. Je fis couler l’eau brûlante, y
ajoutai quelques perles de savon parfumé, allumai la radio et me
déshabillai.
Un quart d’heure plus tard, j’entendis la porte
s’ouvrir et un claquement de talons familier résonner sur le
plancher. Je n’y prêtai pas attention et continuai à me
frictionner, chantonnant « One more time ».
Sam’ me héla :
- Cathy ?
- Ouiiii ?
Je l’entendis se diriger vers moi. Un visage
fin et mat doté d’yeux couleur ambre se montra dans
l’entrebâillement.
- Aah, tu prends un bain,
constata-t-elle.
- Oui... ça te dérange ?
- Non, je voulais juste en prendre un aussi en
rentrant.
- Tu peux venir, l’eau est encore chaude,
proposai-je d’un ton neutre.
Ma colocataire sourit et referma la porte. Cinq minutes
s’écoulèrent et elle revint, drapée dans un peignoir blanc,
ses longs cheveux noirs à présent lâchés lui descendant
jusqu’au bas du dos.
- Wouaw, elle est brûlante, grimaça-t-elle en
trempant ses doigts dans l’eau.
- Tu vas survivre ? la taquinai-je en faisant mine de
lui lancer de l’eau avec les doigts.
Elle me sourit à nouveau et ôta son peignoir. Par respect et
pudeur, je ne la regardai à nouveau que lorsqu’elle se fut
enfoncée de façon à ce que je ne voie que sa tête. Elle émit un
petit rire. Je ne demandai pas pourquoi.
- Tu as passé une bonne journée ?
commença-t-elle.
- Oui, c’était une journée tranquille,
répondis-je en m’appliquant de
l’après-shampooing. J’ai fait visiter à un
groupe d’anglais. Et toi ?
- Moui. Je me suis démenée comme une dingue pour créer un
logo d’entreprise. J’espère être payée en
conséquence.
Je tentai de me peigner les cheveux. Pour une raison
qui m’échappe, ceux-ci sont toujours pleins de nœuds à
la fin de la journée.
- Viens, je te les démêle, proposa Sam’ en
tendant la main.
Je lui confiai le peigne et me retournai, dos à elle. Elle
entreprit de me coiffer avec douceur, si bien que je ne sentis pas
mes cheveux être dénoués. Elle finit par me rendre le peigne, que
je nettoyai de l’après-shampooing et posai sur le rebord de
la baignoire.
- Dis-moi... commença-t-elle.
Sa voix avait emprunté un entrain qui ne lui ressemblait
pas.
- ...ça te dirait de participer à une petite fête ?
- Quel genre de fête ?
- Le genre que tu n’aimes pas.
Ce qui sous-entendait « musique, alcool et orgies ».
Très peu pour moi.
- Niet, refusai-je.
- Attends. C’est pour l’anniversaire de ma
sœur, tu sais Sofia ? Elle tient la boutique de tatouages sur
l’avenue Foch.
- Ca te fait office d’argument ?
- Elle voudrait te rencontrer.
J’en restai muette l’espace de quelques
secondes. Ca c’était un argument.
- Y aura Dimitri ?
- Je ne peux pas
te garantir une soirée parfaite, esquiva-t-elle.
Ca voulait dire oui. Dimitri, c’est un de
ses amis. Un dragueur en puissance genre Casanova. Il a essayé de
m’attraper une fois, mais j’ai refusé... depuis, il me
considère comme une pute.
Eeh non, je n’ai pas que des amis à Paris.
Je sortis de la baignoire et m’enroulai dans une
serviette.
- Au fait ! me stoppa Samantha - je sortai de la salle de bain.
- Oui ?
- T'es sex en serviette, sourit-elle.
Je lui
souris à mon tour, puis me dirigeai vers ma
chambre.
Voilà à quoi ressemble mon quotidien. "
* Breaking Benjamins - Sooner or later <3
* Lostprophets - Rooftops <3
Bisous.

