Histoire

Prologue  (Histoire) posté le vendredi 24 juillet 2009 21:51

 

 

   " La gare était pleine, ce mardi 5 juin. En arrivant devant le bâtiment entouré de jardins, on apercevait les parkings remplis de voitures appartenant aux guests. On progressait péniblement dans l'entrée et là, c'était pire : tout le monde était pressé, excité, énervé, ou angoissé. Des femmes éplorées regrettaient déjà leur aimé qui n'avait pas encore quitté leurs bras(elles avaient peur qu'ils les trompent ou quoi ?), des "bests" riaient aux éclats en se tenant par la main(des vraies clés à molette), un groupe d'ados boutonneux considérait le train d'un oeil sarcastique(ils devaient se demander quel calvaire ils allaient endurer en colonies), et un gosse pleurait à chaudes larmes en tirant sa mère par la manche...

 - Abattez-le, il souffre, grinçai-je en l'observant d'un air assassin.

 - Toujours aussi gentille et compréhensive, se moqua Lucas en me toisant, un sourire ironique aux lèvres.

 - Oh, le blond, la ramène pas !

   Le blond en question éclata de rire. Il plaça ses pouces dans les poches de son jean, le regard pétillant.

 - C'est qui qui est passé trois fois davant le guichet avant de se rendre compte qu'il était sous son nez ? me nargua-t-il en agitant les sourcils de manière stupide.

   Le souvenir de cet épisode cuisant et affligeant me donna envie de le frapper ce sale *biiiip*

 - Ferme-là, ispice di... mff ! m'exclamai-je en faisant mine de lui donner un coup dans l'entrejambe.

L'effet escompté fut immédiat ; il se protégea les parties fragiles, et j'en profitai pour lui asséner une tape sur la tempe.

 - Petit souvenir ! m'excusai-je en lui tirant(puérilement) la langue, signe de victoire distinctif chez moi.

   Pour en revenir au "petit souvenir"... Eh oui, je partais. Pour Paris, précisément. Je changeais d'air... et de vie, par la même occasion.

   Son visage s'assombrit, et le sourire triomphant qu'il affichait il y a encore quelques secondes se crispa quelque peu.

 - Je reviendrai ! promis-je. Rien que pour t'embêter, ajoutai-je en lui frottant l'épaule.

 - Mouais, fit-il d'un air absolument convaincu (ironique {#}).

L'appel retentit enfin, nous tirant de nos adieux.

 - Prends soin de toi, conseilla-t-il en m'ébouriffant les cheveux.

   Je grommelai une injure inaudible, puis le regardai bêtement, ayant tellement à dire à court de mots. Alors je baissai la tête.

   Il me prit tout naturellement dans ses bras. Je nouai les miens autour de sa taille.

   Je reculai, pris mon sac sur l'épaule, me dirigeai vers le train. Un dernier signe de la main, un sourire, son visage.

   Et je partis, le coeur léger, sans raison évidente. "

 

" When you walk away

You don't hear me say

Please, Oh baby !

Don't go... "

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Histoire - Chapitre 1  (Histoire) posté le mardi 28 juillet 2009 19:49

 


  " Deux années. Je ne les ai pas vues passer. Non, je n’ai rien oublié. Si, j’y suis déjà retournée. A raison de deux/trois fois par an. Oui, je me plais à Paris. La belle Paris. Je suis fière d’y habiter, fière d’y être arrivée. Heureuse. Tous les jours.
  Lorsque je rends visite à ma famille, je me rends compte que la capitale me manque. Est-ce que ça n’est pas génial ? Je me sens loin de tout : le Louvre, la Tour Eiffel, Notre-Dame, Disneyland surtout. J’aime cette mégapole.
  Le jour où j’ai foulé le sol parisien, j’étais comblée. J’avais atteint mon but. Je me rappellerai de ce joue toute ma vie : j’ai fait à pied le tour de Paris, comme dans un rêve éveillé. Je me suis émerveillée de tout ce qui m’entourait. Aujourd’hui encore, je me compare mentalement à une gamine fascinée par un royaume enchanté. Ce que j’étais, la première fois que je l’ai visité.
  J’avais d’ores et déjà été inscrite à une université. Et afin de subvenir à mes besoins, j’allais travailler à Disneyland Resort Paris. Magnifique.

 - Tu rêvasses princess ?
  Je reconnais cette voix. C’est celle de l’un de mes collègues Cast-Member, Daniel. Je l’aime bien. Il a un humour spécial que je ne comprends pas toujours. Un humour qui me fait penser à Lucas.
 - Ton repas va être froid, se désola-t-il en secouant la tête d’un air contrit.
  Je lui décochai un sourire en coin, qu’il me rendit.
  25 ans. Ses cheveux sont châtains. Ses yeux verts. Sa mâchoire saillante. Il est plutôt beau gosse.
  Mais pris. Enfin personnellement, ça ne me dérange pas plus que ça. Je suis assez volage.

 - A quoi tu pensais ? demanda-t-il en s’asseyant en face de moi.
 - A un peu de tout, à un peu de rien, éludai-je en jouant de la fourchette dans ma purée.
 - C’est pas une réponse ça, grogna-t-il en entamant son repas.
  Je laissai échapper un soupir amusé.

 - Je pensais surtout à mon arrivée ici.
 - C’est un évènement qu’on oublie pas, affirma Daniel.
 - La ferme Dany, fis-je semblant de m’agacer.
 - J’y peux rien si tu as réussi à te faire remarquer dès ton premier jour, se défendit-il en levant une main.
  Ce jour-là en effet, j’ai eu l’extrême privilège de me faire voir comme une folle. Je vous raconterai ça une autre fois... peut-être.

 - Mais tu pensais aussi à autre chose.
  C’était une affirmation.
 - Peut-être.
 - C’était quoi ? s’enquit-il.
 - Plein de choses interdites aux moins de 30 ans.
 - Cruel.
 - Je sais !
  Je le regardai manger. Moi-même je n’avais pas très faim, mais je me forçai à avaler le reste de mon assiette.
 - 12h30. Je te laisse mon grand !
  Je me levai et pris mon plateau.
 - Je viens d’arriver que tu te casses déjà ? s’exclama-t-il.
 - Eeh oui. A tantôt Dany.
 - M’appelle pas comme ça, Cathy !

 - C'est mon prénom.

  Je mimai un baiser et sortis.

  J’ai 20 ans. Du moins je les aurai cet été. Car nous sommes actuellement en mars. Il fait beau, il fait chaud. C’est bientôt l’anniversaire de ma mère.
  C’est à ce que je pensais. Je vais devoir faire un tour dans ma région natale pour fêter les 48 printemps de ma maman. Et par conséquent, prendre un week-end de congé.
  Je retrouvai mon petit groupe d’anglais à l’endroit où je leur avait donné rendez-vous, un peu plus tôt. Il était 13h.

 - Hi again people, entamai-je avec entrain. Hope that you had good lunch. Let’s go to visit Adventureland !
  Je leur montrai le chemin et les incitai à me suivre. Nous nous trouvions actuellement en face du bateau du Capitaine Crochet. C’est mon job : faire visiter le parc aux guests. "



  " Alleluia, I’m home ! Ô joie… bain moussant, bougies et musique d’ambiance... (notez que quand je dis musique d’ambiance, en général c’est très varié : Underdog Project, Lady Gaga, Trivium, Breaking Benjamins *, Paramore, P.Diddy, Justin Timberlake, Timbaland, LostProphets *, Utada Hikaru, Flo-Rida...)
  Bref. Pour l’instant, je vois pas plus loin pour mon programme de soirée.
  Je glissai mes clés dans la serrure de notre appartement, à Sam’ et moi. Je vous parlerai de cette première plus tard.
  J’évoluai avec soulagement dans cet environnement qui était mien. Moderne et chaleureux : murs peints en brun chocolat, mobilier blanc cassé et rouge s’harmonisent pour créer cette ambiance que j’ai toujours recherchée. Tout en avançant, je caressai de l’index le buffet dans l’entrée.
  J’aime mon « chez-moi ». Notre « chez-nous ».
  Samantha, c’est ma colocataire. Elle a 25 ans et étudie dans le domaine du design. Elle dessine magnifiquement bien. Elle est aussi très sympa et sait ce qu’elle veut. Sa personnalité est fascinante, dans le sens où elle est mystérieuse et ne dit jamais rien sur elle. On ne sait jamais ce que Sam’ pense.
  Je me dirigeai vers la salle de bain, après avoir posé mes affaires dans ma chambre. Je fis couler l’eau brûlante, y ajoutai quelques perles de savon parfumé, allumai la radio et me déshabillai.
  Un quart d’heure plus tard, j’entendis la porte s’ouvrir et un claquement de talons familier résonner sur le plancher. Je n’y prêtai pas attention et continuai à me frictionner, chantonnant « One more time ».
  Sam’ me héla :

 - Cathy ?
 - Ouiiii ?
  Je l’entendis se diriger vers moi. Un visage fin et mat doté d’yeux couleur ambre se montra dans l’entrebâillement.
 - Aah, tu prends un bain, constata-t-elle.
 - Oui... ça te dérange ?
 - Non, je voulais juste en prendre un aussi en rentrant.
 - Tu peux venir, l’eau est encore chaude, proposai-je d’un ton neutre.
  Ma colocataire sourit et referma la porte. Cinq minutes s’écoulèrent et elle revint, drapée dans un peignoir blanc, ses longs cheveux noirs à présent lâchés lui descendant jusqu’au bas du dos.

 - Wouaw, elle est brûlante, grimaça-t-elle en trempant ses doigts dans l’eau.
 - Tu vas survivre ? la taquinai-je en faisant mine de lui lancer de l’eau avec les doigts.
  Elle me sourit à nouveau et ôta son peignoir. Par respect et pudeur, je ne la regardai à nouveau que lorsqu’elle se fut enfoncée de façon à ce que je ne voie que sa tête. Elle émit un petit rire. Je ne demandai pas pourquoi.

 - Tu as passé une bonne journée ? commença-t-elle.
 - Oui, c’était une journée tranquille, répondis-je en m’appliquant de l’après-shampooing. J’ai fait visiter à un groupe d’anglais. Et toi ?
 - Moui. Je me suis démenée comme une dingue pour créer un logo d’entreprise. J’espère être payée en conséquence.
  Je tentai de me peigner les cheveux. Pour une raison qui m’échappe, ceux-ci sont toujours pleins de nœuds à la fin de la journée.
 - Viens, je te les démêle, proposa Sam’ en tendant la main.
  Je lui confiai le peigne et me retournai, dos à elle. Elle entreprit de me coiffer avec douceur, si bien que je ne sentis pas mes cheveux être dénoués. Elle finit par me rendre le peigne, que je nettoyai de l’après-shampooing et posai sur le rebord de la baignoire.

 - Dis-moi... commença-t-elle.
  Sa voix avait emprunté un entrain qui ne lui ressemblait pas.

 - ...ça te dirait de participer à une petite fête ?
 - Quel genre de fête ?
 - Le genre que tu n’aimes pas.
  Ce qui sous-entendait « musique, alcool et orgies ». Très peu pour moi.
 - Niet, refusai-je.
 - Attends. C’est pour l’anniversaire de ma sœur, tu sais Sofia ? Elle tient la boutique de tatouages sur l’avenue Foch.
 - Ca te fait office d’argument ?
 - Elle voudrait te rencontrer.
  J’en restai muette l’espace de quelques secondes. Ca c’était un argument.
 - Y aura Dimitri ?

 - Je ne peux pas te garantir une soirée parfaite, esquiva-t-elle.
    Ca voulait dire oui. Dimitri, c’est un de ses amis. Un dragueur en puissance genre Casanova. Il a essayé de m’attraper une fois, mais j’ai refusé... depuis, il me considère comme une pute.
  Eeh non, je n’ai pas que des amis à Paris.
  Je sortis de la baignoire et m’enroulai dans une serviette.

 - Au fait ! me stoppa Samantha - je sortai de la salle de bain.

 - Oui ?

 - T'es sex en serviette, sourit-elle.

  Je lui souris à mon tour, puis me dirigeai vers ma chambre.

  Voilà à quoi ressemble mon quotidien. "

 


* Breaking Benjamins - Sooner or later <3

* Lostprophets - Rooftops <3

Découverts ici et ici =)

Bisous.

 

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